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1 Jour
C’était un dimanche de printemps.
1 Jour
Je me promène avec mon chien.
1 Jour
Je prends un chemin qui mène vers les bois.
1 Jour
Je le croise sur ce chemin.
1 Jour
Je le regarde, il me regarde.
1 Jour
Son regard me fascine, à la fois doux et triste.
1 Jour
Je continue mon chemin.
1 Jour
Il me suit de loin.
1 Jour
Il me rejoint et marche près de moi.
1 Jour
De temps à autre il s’éloigne.
1 Jour
Il fait d’autres rencontres.
1 Jour
Les promeneurs ne le reconnaissent pas.
1 Jour
Mais il ne va jamais bien loin.
1 Jour
Je le surveille malgré moi.
1 Jour
Je crains qu’il ne s’égare.
1 Jour
Ma promenade va s’achever.
1 Jour
Je reviens au point de notre rencontre.
1 Jour
Je pense qu’il va alors me quitter.
1 Jour
Je tourne le dos et rentre chez moi.
1 Jour
Il me rejoint sur le trottoir.
1 Jour
Ma compagnie semble lui plaire.
1 Jour
J’ouvre le portail, il entre dans le jardin.
1 Jour
J’ouvre la porte de la maison.
1 Jour
Il entre après quelques secondes d’hésitations.
1 Jour
Je me demande si c’est prudent d’accueillir cet inconnu.
1 Jour
Il n’a pas l’air d’un SDF, trop propre et bien élevé.
1 Jour
Je lui offre à manger et à boire.
1 Jour
Il semble heureux et je joue avec lui.
1 Jour
Je m’assois dans le fauteuil.
1 Jour
Il pose sa tête sur mes genoux.
1 Jour
Je cède à son regard implorant.
1 Jour
Je le caresse doucement.
1 Jour
Je propose qu’il dorme dans le salon.
1 Jour
Je me dis que, demain, je verrai bien.
C'est un tout petit livre à la couverture bleu, si petit qu'on a presque du mal à le tenir entre nos mains. On l'ouvre et là, c'est la surprise. Le titre : "1 jour", se répète sur la page presque nue, on dirait qu'il se répète à l'infini. Quelques pages et pourtant très vite les phrases de ce livre nous entêtent pour ne plus nous quitter. Elles nous accompagnent littéralement. Cette vie c'est notre vie. Ces jours qui défilent au fil des pages, ce sont les nôtres, dans leur rudesse, dans leur évidente simplicité et leur justesse, dans leur quotidien et leur causticité. C'est un regard porté sur un père. Un regard sans concession, franc, direct. Une histoire de famille.
> Extrait :
"I jour
mon père il pose son sac contre la porte
I jour
il part tous les matins travailler
I jour
il prend le bus pour Denain
I jour
il jour il me ramène des bonbons de l’usine
I jour
il balance sa canette sous la table
I jour
ma tante se fout de sa poire
I jour
il ramène que son pinard des courses
I jour
je le vois en bas de la rue neuve
I jour
ma mère planque les bouteilles
I jour
ma soeur dit qu’il est gentil
I jour
ma mère elle lui sert à ras bord"
Ecrire en commençant toute phrase par un jour
Jarnicoton, c’est qui ce bagagiste ?
Je l’ai au quinquet ,
Dans son paltoquet, il a l’air d’un gros-bec,
Il sort de son kibboutz ou quoi ?
Je suis d’une humeur zodiacale,
Et mes xanthomes me font lamentablement mal.
Je me hasarde dans le nébuleux yttrium.
Ah, cette odeur de white-spirit ,
On se croirait chez mon dingologue !
J’essaie de chiffrer son alibi usagé,
Il a beau me lancer un regard venimeux de femmelette,
Je reste un inapprivoisé.
Avec sa gueule d’enchiffréné,
IL pense me faire « tapas une clope ? »
Je suis en plein décollement macrographique, moi !
Oralement, qu’est-ce qu’il croit ?
Tu ne passeras pas par là.
Retourne voir tes repounchous salifères.
Non, mais jarnicoton ….
Il marche encore sur mes plates bandes,
C’est éprouvantail !
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yttrium, |
zodiacal. |
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Vous êtes libres de transformer ces mots en genre, en nombre, en conjugaison... Seule obligation : que les 26 y soient, dans l’ordre que vous souhaitez et vous limiter à 30 lignes.
D'un autre horizon s'élève le jour
Les chiens ont crié "attrapez les"
Ni chaines, ni menottes aux poignets
Ils ont pleuré à s'en rendre sourds
Gamins d'innocents aux portes de l'enfer
Ils ont couru, tenté de se sauver
À coup d'explosion se sont sacrifiés
Retrouvés morts, sanglants, à terre
Un sourire de carnassier les accueille
"On vous rééduquera... c'est maladif"
Un uniforme informe, inexpressif
Et cet équilatéral en guise de cercueil
De prisons en laboratoires d'analyse
Un but inaccessible appelé "liberté"
Combien d'entre eux sur les barbelés
Et dans le ventre la peur qui paralyse
Ils ont soufferts d'avoir su dire "non"
Souvent jusqu'au delà des maux, la mort
Il existe ici des Hommes debout encore
Ils regardent droit devant en leur nom
Je n'ai pas connu mais ne l'oublie pas
La mémoire reste seul vestige du passé
Un passé d'il y a soixante dix années
Alors je regarde droit et je me bats.
À toi de me suivre... ou pas...
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